Patrick Berger architecte, Paris

Étude de réamenagement du secteur romantique, cimetière du Père-Lachaise, Paris

L’origine de l’architecture se situe peut-être dans ces pierres ancestrales érigées sur les sépultures. Défi entre le temps, expression du désir d’immortalité, elles constituent les premières figures esthétiques dans l’art de construire. A proximité, les renaissances végétales de l’arbre représentaient le cycle des morts et des vivants. La pierre et l’arbre en vis-à-vis, produisaient des significations complémentaires qui, plus tard, s’inscriront dans la Cité des morts et son jardin.
Avec le temps et l’histoire, le cimetière du Père Lachaise est devenu un Panthéon de la culture française, de la fin du XVIIème siècle à nos jours.
De même, est-il un vaste musée de sculpture en plein air.
Progressivement, le cimetière a vu disparaître ses espaces verts. Le « champs » du XIXème siècle est devenu un paysage entièrement construit, une nécropole, une autre idée de la ville dans la ville.
Le jardin, le musée et la sépulture sont les objets de cette étude d’aménagement du secteur « romantique » du Père Lachaise.
Ils ont le temps comme sujet commun. Le caractère labyrinthique de ce secteur présentant une succession de situations végétales et d’évènements architecturaux particuliers, a conduit à concevoir un principe d’interventions ponctuelles. Chacune de ces séquences consiste à rendre lisible ce que l’histoire et le hasard des constructions et du développement végétal ont produit.

Avec la densification des sépultures, la composition originelle de Brongniard s’est effacée devant un dédale de jardins dans le jardin et de motifs architecturaux dans la nécropole. Ces espaces non conçus mais produits par le temps, présentent un caractère latent, celui d’un « inachevé » que l’on se propose de nommer et de souligner en ajoutant ici un type de tombe précis et là quelques marches ou un traitement végétal.

Le projet guide ce que le temps et le hasard ont produit. Il est proche, par son attitude, de ces quelques traits ajoutés à une tache d’encre qui en font « dire » quelque chose.

Le jardin des buis :

En contre-haut, la création de trois marches entre deux tombes existantes reliées actuellement par de la végétation, évoque une porte architecturale et végétale.

Le jardin des colonnes :

L’alignement vis-à-vis d’arbres et de colonnes existants est renforcé par la création de colonnes, de plantations d’arbres et de fusain argentés, et d’un socle signifiant l’accès à la perspective.
Latéralement, trois plates-formes architecturales et végétales successives guident le regard vers un arbre incliné.

Voir aussi , pour le cimetière du Père-Lachaise :
La tombe de Jean-Lambert Tallien, cimetiere du Père-Lachaise, Paris

Deux tombes en appui sur le mur de soutènement Kellermann, cimetière du Père-Lachaise, Paris

Voir les crédits

Étude de réaménagement du secteur romantique, cimetière du Père-Lachaise, Paris

Programme : Étude pour le réaménagement du secteur romantique
Patrick Berger architecte
avec Gilles Clément paysagiste (assist. : Christophe Delmar)

Date : Livraison 1992

Images : © Atelier Patrick Berger

Photographies : © Jean-Yves Cousseau

Textes : © Patrick Berger