• Ce projet est un projet de milieu.
    Un milieu est un ensemble physique qui ne se résume pas à l’architecture additionné de végétation.
    Un milieu est un état naturel et construit global d’un site.
    Un site est fait avant tout de matières et d’énergies : celles du sol, de l’environnement, des usages des réseaux, des échanges entre toutes les formes de vie de la nature et de la culture.
    C’est quelque chose qui se joue entre les programmes et les ressources du sol.

    Ici la nature reconquiert la ville, concrètement, dans ses fondations avec la pleine terre et la pleine lumière. Ces grands éléments expliquent cette forme urbaine tout comme ils expliquent celle de l’arbre tendu entre ces deux attracteurs : le sol et le soleil.

    Les volumes architecturaux sont dessinés par la course du soleil pour que la ville puisse s’y baigner à toute heure et en toute saison.
    Les formes des rues ont cette raison d’être, elles sont conçues pour être des réceptacles constants de lumière naturelle.
    Les espaces publics qui en résultent donnent lieu à une continuité urbaine mais aussi biologique entre le 13ème et Seine Rive Gauche.
    Leur disposition est faite pour une grande fluidité entre les quartiers et leur constitution privilégie l’apport de pleine terre pour des jardins à la vie végétale continue sur toute l’étendue du projet.
    La nature comme la ville se développe comme un artefact pour se conjuguer avec elle.

    L’état naturel et construit s’entrelacent ici naturellement et spatialement.
    C’est une fusion entre les états des choses.
    La « structure » est intégralement conservée et participe de ces liaisons. On y rêve d’un grand marché.
    Une galerie basse donne sa pleine mesure à l’Avenue de France et à sa vocation de prestige à une plus grande échelle, orienté vers Austerlitz, présentant une promenade haute,  accueillant une mixité de culture, de sport, de sièges d’activités, de commerces.

    Les façades frontales des constructions neuves contrastent avec celles longitudinales qui cadrent d’Est en Ouest de multiples points de vue sur l’arrondissement.
    C’est enfin autre chose qu’un projet urbain figé dans le temps.
    C’est une autre recommandation qu’une règle architecturale figée par l’ère du temps.

    C’est ainsi un projet pour la dynamique de la ville qui peut réceptionner dans le temps des différences d’emprise et de programme.
    Le soleil ajuste les formes d’évolution de la ville selon ses propres lois d’ombre et de lumière.
    Il suffit d’y veiller dans le processus comme règle urbaine, comme thème architectural, comme expression d’un paysage.

    Regardons les rues, celles que nous aimons.
    Qu’elles sont-elles, sinon avant tout des façades animées sous le jeu du soleil, un sol naturel ressenti physiquement sous la marche, des jardins, une diversité de scènes architecturales mises en perspective, une échelle humaine qui se mesure à l’usage et à l’aspect des deux premiers étages et une vie urbaine selon ses volontés mais dans ce cadre, qui l’embellit et qui est prête à évoluer avec elle dans le temps.