• PANAUTI, UNE VILLE AU NEPAL

     

    En 1976, trois architectes et un ethnologue entament un travail sur une ville newar du Népal. Leur projet, clairement avoué comme une étude pluridisciplinaire d’ethno-architecture, se donne pour tache de constituer un dossier de fond – origine, formation et dynamique du tissu urbain, typologie de l’habitat, techniques de construction, pratiques sociales et religieuses, vie quotidienne – et, en même temps, de fournir un support théorique et pratique à une éventuelle réponse aux problèmes actuels de l’urbanisme newar. C’est sur la vallée de Katmandou que, pour plusieurs raisons, se porte leur attention. Cette région est, en effet, l’une des plus riches en monuments de l’Asie du Sud. Intéressante pour son style, sa valeur artistique, son décor, cette architecture l’est aussi parce qu’elle repose sur une solidarité étroite entre sacré et profane et qu’il existe encore dans la société newar un accord entre les pratiques quotidiennes et les représentations religieuses. Toujours intégré à un espace habité, urbain ou rural, elle lui donne son sens, en fixe la disposition et commande la vie socioreligieuse de la population. De plus, malgré les tremblements de terre et les avatars de l’histoire, les agglomérations de la vallée de Katmandou sont généralement bien conservées, car les Newar avaient l’habitude de reconstruire au même emplacement et le plus souvent à l’identique les monuments détruits ou effondrés. Enfin, l’apparition de l’économie moderne ne les a pas trop affectées et elles sont régies, comme par le passé, par une économie préindustrielle, un système de castes – bien que ce dernier soit officiellement aboli – et des réglementations religieuses vieilles de cinq ou six siècles. Aussi sont-elles restées, par certains aspects, plus fidèles aux principes classiques de l’architecture hindoue que les villes indiennes qui, elles, ont subi l’influence de la colonisation anglaise et se sont depuis longtemps intégrée à l’économie monétaire.