Nous n’accordons de valeur symbolique qu’aux formes de l’architecture et de la ville du passé. Aujourd’hui, le symbole est déprécié au bénéfice de la liberté de création architecturale et urbaine. Or les formes urbaines sont consubstantielles à des valeurs symboliques partagées. Jusqu’à présent, la culture privilégiait l’architecture, ses formes et ses symboles. Aujourd’hui, la diversité des productions et la confusion qui en découle montre que la dimension culturelle avant d’être la chose construite est dans le programme qui la définit. Symboles et valeurs attendues doivent y être explicitement affirmées. Monument : ce mot est presque proscrit de notre pratique architecturale. On a oublié que les hommes ont besoin de symboles, on a sous-estimé la dimension symbolique de l’architecture. Le monument a pour fonction d’être un signe construit qui désigne des valeurs partagées. Sa vocation pacificatrice est sa raison même. Le monument est donc à la fois cause et effet : on l’érige pour affirmer de nouvelles valeurs avec l’espoir d’en assurer la pérennité.