• LE VIADUC DES ARTS

    « Un écart convenu à l’ordre de la ville »

    En 1853, une concession est accordée à la Société de Chemin de Fer Paris/Strasbourg pour créer et exploiter la ligne « Bastille/Bois de Vincennes » qui parcourt le 12ème arrondissement de Paris d’Ouest en Est.

    Le chemin de fer de la Bastille, inauguré en 1859 est désaffecté en 1969.

    Le dénivelé du terrain exigeait la construction d’un viaduc de 67 voûtes sur un linéaire de plus d’un kilomètre et demi, entre la Bastille et la rue Rambouillet.

    Cette réalisation concerne la restauration du Viaduc, la création d’une promenade plantée au-dessus de l’emplacement de la voie ferrée abandonnée, et enfin de commerces ou de locaux d’exposition d’artisans sous les voûtes. Elle donne lieu à la revitalisation urbaine de l’avenue parisienne que le viaduc engendre.

    Pour restaurer le Viaduc dans son image d’origine, la partie centrale des arches en maçonnerie de calcaire a été dégagée permettant ainsi de souligner leur courbe par l’ombre portée sur le vitrage haut posé en retrait par rapport au nu de l’ouvrage.

    Afin de laisser percevoir la faible épaisseur de l’ouvrage et préserver la notion de transparence et de profondeur, des façades translucides ferment la partie arrière des arcades.

    Les façades présentent deux niveaux de lecture. Le premier à l’échelle du Viaduc apporte la notion d’unité par la présence systématique et répétée de deux éléments de façade dans la partie supérieure de chaque voûte : un cintre surbaissé et un voile géminé translucide.

    Le cintre se présente comme un arc léger, en bois prétendu qui divise horizontalement la façade en deux parties.

    Le voile géminé est suspendu par des câbles tendus entre le cintre et le sommet de la voûte. Il est le support des « enseignes » de chaque commerce.

    Le second niveau de lecture à l’échelle de la voûte, s’effectue au niveau des vitrines basses et constitue le cadre d’exposition libre et spécifique de chaque activité. Alors que la partie supérieure des devantures se situe à 1,20 mètres, la partie basse située sous le cintre n’est décalé, elle, que de 35 cm vers l’intérieur de la voûte pour répondre aux contraintes d’entretien et de sécurité au niveau des trottoirs.