• LE MONUMENT DE LA COMMUNICATION FRANCE-JAPON

    La Table :la structure de la table est faite de seize poutres en bois unies par une coulée de bronze qui les enserre en un seul et unique bloc de métal faisant du bois le secret du métal. Dans l’excavation nécessaire à la coulée est inscrite la ligne de granit. L’ensemble est ensuite partiellement recouvert d’eau vive formant un bassin aux dimensions rectangulaires exactes de la table.
    la ligne de granit : si elle est le signe premier et fondateur de la Table, elle est en le seuil merveilleux : située à la verticale du monument elle en matérialise l’axe longitudinal. La possibilité de se déplacer le long d’elle privilégie un paysage qui est celui du soleil levant. Point de vue perpendiculaire au Tropique, qui magnifie le temps solaire.
    horizontalité : le choix de l’horizontalité contre la verticalité tient au parti esthétique de mettre en scène toute la construction du monument comme signification première. La ligne de granit et son extraction sont l’expression plastique de cette première horizontale qui mystifie toutes les étapes de la construction du monument. Ensuite, elle est détermine l’élévation et la position finale dans le paysage d’Awaji, sans en dépasser le point le plus haut. L’horizontale exprime ainsi l’harmonie avec le site et le désir de ne pas le soumettre à sa monumentalité.
    élévation de la table : elle se fait en plusieurs temps par des grues, ce qui permet d’ériger simultanément les piles de verre sur lesquelles elle va reposer. Pour marquer formellement et symboliquement cette élévation, la Table comporte une réserve, un creux central, à la verticale de la ligne de granit. Cette superposition exprime l’origine temporelle et géographique.
    eau vive : la présence d’une eau vive sous le monument et dans l’empreinte laissée par la coulée de bronze évoque, pour le spectateur, l’universalité des éléments ; bois, métal, feu forment dans la construction un cycle interrompu et clos par l’eau.
    inaccessible : la Table est inaccessible, de manière à rester la surface sensible sur laquelle s’inscrivent ou transitent tous les signes virtuels ou matériels représentant les temps de la planète. Il s’agit, dans l’espace du monument, de fixer les limites du profane et de suggérer, sans le définir, le principe du sacré.
    images : la Table est une mémoire à partir de laquelle sont émises les images du temps de la planète et leurs géographies. Le monument étant une structure inaccessible, les images des temps ne sont visibles que sur les écrans dispersés dans les huit jardins autour de la table.
    Sites Inouïs : l’idée d’exploration de la Terre, comme le premier pas sur la lune, est le concept de définition de ces sites inouïs. On peut les signifier comme inexplorés au sens économique et touristique contemporain. Formellement, ils doivent présenter des caractères visuels qui suscitent chez le spectateur, de leurs images, un désir de contemplation. Métaphores du silence, ils expriment la nature même de la communication. Ils sont visualisés de deux manières : par des caméras automatiques qui, selon divers mouvements, produisent des séquences descriptives, rythmés par divers plans et par des vues de satellites qui apportent un second point de vue. La diffusion simultanée de ces deux types d’images se fait sur les écrans des jardins d’images.
    invisible : une esthétique du point de vue, inspiré du jardin de Ryoanji. De tous les sites inouïs dispersés sur le Tropique, deux ne sont pas visibles dans les jardins d’images : la Bretagne et Awaji
    tropique poétique : il est tracé selon une direction nord-sud en reliant la Bretagne à l’île d’Awaji. Le sens su tracé est choisi pour rappeler des paysages marins et continentaux divers qui représentent géographiquement les transitions typiques de l’Equateur aux Pôles. Sables, rochers, eau, etc., tous les éléments sont ainsi recherchés dans leurs différents états.
    satellite : la réflexion sur la conception du tropique poétique et l’implantation des sites inouïs est faite selon le modèle de fonctionnement du satellite français Spot qui, par un déplacement spiroïdal autour de la Terre, la décrit complètement sur une période vingt-six jours. Il est donc certain que, quelle sur soit l’implantation des sites inouïs, ils seront toujours repérés et visualisés par le satellite ainsi que tous les signaux qui pourraient en être issus.
    Jardins d’images : les jardins d’images sont disposés autour de la Table dans le parc d’Awaji. Ils comportent des écrans et des jardins. Ces jardins sont au nombre de huit comme la colline des huit tatamis sur l’île d’Awaji. C’est l’association entre l’écran et le jardin particulier, les deux représentant le site lointain fixé sur le Tropique, qui constitue le Jardin d’Images. Ces jardins peuvent être thématiques et représenter des états typiques de la matière, du mouvement, etc., mais aussi représenter des concepts de la communication humaine : parole, écriture, etc. Ces jardins d’images structurent le parc autour de la Table.
    caméras : sur les site inouïs et, par nature, jamais traversés par l’homme pour des raisons économiques et touristiques, sont implantées des caméras automatiques, véritables sondes spatiales, programmées pour opérer des prises de vues séquentielles retransmises sur les écrans des jardins d’images.
    simultanéité : des images prises par le satellite et des images prises par les caméras sur les écrans des jardins d’images. Le regard du spectateur est ainsi requis par la poésie de la confrontation entre des lointains horizontaux et des hauteurs verticales.
    contemplation : les sites inouïs doivent être représentés par des images qui suscitent la contemplation.
    spectacle d’une origine : pour la première fois, toutes les opérations de construction d’un monument sont mises en scène pour lui donner sa signification.
    aurore artificielle : se lève sur la Table, au Japon, lorsque l’aurore naturelle apparaît en Bretagne sur le lieu d’extraction des blocs de granit et du jardin japonais
    point de vue sur la planète, d’un point du globe : l’enjeu esthétique est celui du renversement du regard perspectif de la Renaissance.
    métamorphoses : changement de signification des matériaux utilisés dans le projet au fur et à mesure de la construction : leur symbolisme final est celui des cinq éléments (bois, métal, eau, terre, feu).