• LE CENTRE INTERNATIONAL MEDIEVAL DE CHARTRES

    A nouveau, le Chantier de l’Histoire

    Construire face à la cathédrale, c’est affronter et faire surgir un nouveau signe au milieu d’un ancien chantier. C’est aussi l’ouvrir à nouveau ; réunir d’autres hommes, d’autres pierres, d’autres projets sous l’ombre tutélaire.

    Chartres est une cathédrale, la ville un monument ; le résumé poétique forme ce projet, dessine sur une pile, colonne magnifiée, symbole ultime des origines, il ne peut être que de pierre, d’ombre et de lumière, pour achever un geste commencé il y a plusieurs siècles.
    Un monument rouvre son chantier.

    Le parvis :
    L’idée et la forme du parvis accompagnent nécessairement ce que nous imaginons d’une cathédrale, installant devant elle, pour l’éternité, un espace dont nous n’avons plus l’usage.
    C’est cet espace qu’il s’agit de signifier à nouveau en y installant des usages actuels, tout en évoquant la mémoire de ses liturgies. Lieu de convergences populaires, plus centré qu’aligné, le projet doit justement masquer l’excessive prégnance, le classicisme directif, l’axe trop raisonnable du porche au profit d’une vision claustrale où le parcours évoque les déambulations anciennes.

    Se superposent ainsi les services nécessaires au prosaïsme quotidien et des formes d’espace originel, au symbolisme encore visible et familier. Pour ce faire, quelques règles simples :
    Un espace claustral, sous le double principe de centralité et de circularité, projetant tous les services définis par le programme.
    Un monument, le CIM, face à la cathédrale, inscrit dans cet espace claustral selon un écart mesuré à l’axiabilité dominante du porche.

    Le projet en « inventant » l’espace face à la cathédrale suggère un espace social intelligible selon un triple propos :

    Un point de vue construit sur le massif occidental du monument. De l’étage supérieur du CIM, la cathédrale est vue à travers les monumentaux linteaux de pierre de la structure : voir la pierre « à travers la pierre ».

    Des seuils à franchir : l’arrivée sur le parvis de la cathédrale se fait par des passages dont les emplacements et le traité formel suggèrent au promeneur comme au pèlerin l’idée d’une entrée grâce à laquelle se fait l’échange conceptuel entre espace profane et espace sacré. Le parcours de la cathédrale vers le musée est une lente descente vers l’ombre, près des fouilles, puis une remontée vers la lumière au seuil du musée.

    Un partage entre ce qui, de l’Histoire, subsistera ou disparaîtra. La maison canoniale restaurée, la bâtisse à l’angle de la rue de l’étroit degré, conservée.

    Le matériau :
    L’utilisation de la pierre pour la structure du CIM engage plusieurs interprétations de son rôle dans le projet et dans le chantier de sa mise en œuvre.
    La pierre naturelle, travaillée, se fera in situ, pour réactualiser l’imaginaire du chantier.

    Les éclats résiduels de la taille seront disséminés par le traitement des sols et des entours mobiliers aux abords de la cathédrale, suggérant qu’ainsi à été « rejouée » la biographie symbolique des éclats produits par les sculpteurs d’autrefois.
    Précontrainte, comme taillée, sa mise en œuvre se fait par des linteaux qui subsistent aux murs opaques des parois structurées, ajourées, comme de monumentaux transennes : matière et transparence, pierre et lumière, jouent sans intermédiaires.