• LA PASSERELLE BERCY-TOLBIAC

     

    Un nouvel ouvrage, d’un seul trait, courant au-delà de ses liens avec les quais, vient composer les deux plus jeunes quartiers de Paris.
    La passerelle, telle une place, met en urbanité le parc de Bercy avec le jardin de la Très Grande Bibliothèque.
    Sa forme et ses équipements assignent à la Seine une vocation d’espace public comme d’espace scénique : une pièce d’eau est née.
    Légère, descendant régulièrement vers l’eau, elle suggère un nouveau point de vue pour cette nouvelle scène et ses nouveaux spectacles.
    Ses choix techniques engendrent une habitabilité évolutive, des pratiques distractives et commerciales variées :  kiosques, marchés, spectacles etc…Un nouvel ouvrage dans le paysage de Paris en dessine la prochaine vie urbaine.

    La passerelle correspond à une structure tendue, arrimée de part et d’autre de la Seine en tête des portiques implantés aux extrémités du lit majeur.

    Cette structure a été choisie pour sa légèreté, son économie formelle pour franchir le fleuve sans point d’appui intermédiaire, sa ligne qui permet de s’approcher le plus possible de l’eau. Enfin, la forme épurée à laquelle elle donne lieu.
    Cette passerelle ne se réduit pas à un « franchissement », ou à l’expression d’une structure. Elle se présente comme une séquence urbaine qui prolonge les sols de la terrasse de Bercy et du parvis de la Très Grande Bibliothèque.

    Tout concourre dans ce projet pour privilégier l’urbanité, la composition de la ville qui a toujours cherché à rassembler la rive gauche et la rive droite.
    Il s’agit sans doute là de l’enjeu principal de ce concours : L’espace public.

    L’espace public tout d’abord, que va constituer le bassin situé entre les ponts de Bercy et de Tolbiac.
    Cette pièce d’eau, qui a déjà inauguré son espace scénique par des spectacles nautiques, sera sans doute le lieu privilégié de toutes les nouvelles pratiques sociales qui, dans l’avenir, accompagneront cette reconquête de la Seine, comme plaisir urbain.

    L’espace public ensuite, du tablier de la passerelle et des choix qui, à cet effet, ont induit son architecture.Ici, à Paris, deux plans de référence se superposent : celui d’une promenade continue entre les jardins de Bercy et de la Très Grande Bibliothèque, et celui en contrebas de ce grand bassin qu’elle contemple et dont elle relie les berges.Le projet de cette passerelle présente 2 faces :

    l’une au-dessus.
    l’une en dessous.

    La face au-dessus accueille les piétons dans un plan dont la forme, telle une place, suggère l’arrêt, la vue en balcon sur l’aval et l’amont de la Seine, le rassemblement autour d’une animation urbaine.
    Le bois domine au sol. Ce revêtement est calepiné par un système de réservation qui permet tout jeu de construction et de forme d’habitabilité : les commerces avec des kiosques, des expositions ou un marché avec des abris démontables, des spectacles avec l’inscription de sièges pour les spectateurs. Cette passerelle est un équipement public, souple, adaptable aux futurs projets d’animation diurne et nocturne de la ville, entre les deux plus jeunes quartiers de Paris.

    La sous-face, elle, est en métal. Elle est aussi un équipement public : galerie technique pour les fluides divers des constructions éphémères auxquelles donnera lieu la passerelle. Elle est également un véritable gril scénique qui se donne à voir comme tel et qui répond à l’ambition de cette pièce d’eau de la Seine, de ses jeux de lumière, de ses futurs spectacles ou de ses fêtes nautiques.