• La situation et le programme

    L’Église Saint-Paul de la Plaine est construite dans un quartier de Saint-Denis en pleine transformation urbaine, à l’angle des rues du Landy et de la Procession. Le programme comprend l’église proprement dite et un équipement d’accueil et de réunions communautaires : la « maison  d’église ».
    Vu de loin, à l’échelle de la ville, le projet se présente comme un ensemble arboré d’où émerge une église. Le croyant trouve ses repères autant que le citoyen qui peut se situer dans sa ville dès lors que toutes les valeurs qui participent à la vie de la cité donnent lieu à leur symbole construit intelligible.
    De près, à travers le contour végétal du site apparaissent les autres usages du complexe : les équipements, le parking et le jardin.
    L’église s’élève à l’angle du carrefour, presque détachée, tangente à la maison et présente un volume curviligne beaucoup plus haut, plus intériorisé et expressif.
    La maison d’église est une construction basse, simple, ouverte sur la rue, en prolongement de l’alignement par sa mitoyenneté avec l’existant.
    La Maison est dédiée à un usage quotidien, profane ; l’Église a une fonction d’architecture sacrée et constitue un signe construit visible. Elle appartient aux repères architecturaux qui permettent de se situer dans l’urbain, autant géographiquement que culturellement.

    La forme de l’église

    Le plan de l’église a une géométrie spécifique. Son tracé est l’optimisation de deux archétypes :

    • – le plan basilical orientant les fidèles vers l’autel
    • – le plan circulaire rassemblant les fidèles autour d’un espace communautaire.

    Toute l’histoire de l’architecture chrétienne peut être lue suivant les variations de ces deux figures d’espace. Du plus modeste au plus monumental les différents types de plans qu’elles ont engendrés ont correspondu à l’évolution de la cérémonie du culte. A chaque époque, la forme de la liturgie génère une forme d’espace architectural: le plan d’une église est une figure sociologique. Aujourd’hui, à un moment où la théologie est partagée entre une fondation communautaire et celle du Sacré, ici, à Saint-Paul de la Plaine, l’église traduit géométriquement cette tension. Le plan en « goutte d’eau » est la synthèse d’un cercle et d’une orientation linéaire. Il en résulte un chœur triangulaire. Le mobilier liturgique et les bancs pour 170 fidèles, confirment la géométrie d’ensemble. Derrière le chœur se situe un «lointain» : un jardin. Pour clore le tracé, le plan est prolongé par le jardin. Le symbole mathématique de l’infini est tracé au sol.

    La structure et le volume

    La structure de l’église est constituée d’un tube d’acier traçant deux boucles dans l’espace. Cela engendre une figure géométrique en trois dimensions : celle du volume de l’édifice. Elle a aussi une raison d’être statique. Les deux boucles s’appuient l’une sur l’autre et s’équilibrent à leur croisement. Le chœur se situe à l’aplomb de ce nœud. Ainsi les forces de la structure convergent vers une « clef de voûte » tubulaire et, juste en dessous, les temps de la liturgie convergent vers l’autel en pierre. C’est aussi en ce point que l’entrelac de la structure se divise en deux parties:

    • – la première enveloppée de feuilles d’aluminium donne lieu à l’église proprement dite,
    • – la seconde dévoile la structure qui clot le jardin.

    Lumière

    Douze baies zénithales sont réparties sous la voûte. La lumière naturelle diffuse se projette 12 fois sur les murs en dessinant la variation du mouvement solaire.
    Douze baies représentent la cène avec les 12 apôtres. La 13e, plus ample, émane du chœur, symbolise Saint-Paul le 13e apôtre illuminé. La source lumineuse n’est pas voilée et laisse voir le jardin et la rue dans sa réalité quotidienne.
    Le chœur, de façon inédite, est totalement ouvert vers l’extérieur. On le voit en passant.
    La figure sociologique, la figure structurelle et la figure symbolique coïncident avec précision.

     

    Plan-Masse

    Plan-niveau-rue

    Coupes